Poésies, 1900· VI Amitiés et sympathies
Hommage
DE QUELQUES VIEILLARDS CÉLIBATAIRES A DEUX JEUNES MARIES Pour le Mariage de Jeanne Lemerre
Si quelque chose nous consoleDu vieil âge et de ses affronts,C’est de voir, ce soir, l’auréoleQue le bonheur mit à vos fronts.
Si quelque chose fait envieA nous tristes, vieux, par chemin,C’est de vous voir rêvant la vieMarcher seuls, la main dans la main.
Si quelque chose encore noieL’amertume de nos vieux cœurs,C’est de voir, enfants, votre joie :Vaincus de l’amour et vainqueurs.
Si quelque chose nous condamneNous tous qui n’épousâmes point.C’est de voir, hélas ! ici, JeanneSourire à Louis son conjoint.
Mais s’il est vrai que l’on renaisse,J’espère bien, ressuscité,Suivre ton exemple, ô jeunesseDe qui je porte la santé.
octobre 1892.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources