Poésies, 1900· VI Amitiés et sympathies
Madrigal
A Mademoiselle Jehanne Charcot qui coiffait Sainte Catherine
C’est une charmante saisonPour coiffer sainte Catherine,Et vous avez cent fois raison !Lilas blanc, rose purpurinePartout fleurissent l’horizon ;Coiffons-la de fleurs à foisonEn lui chantant une oraisonPlutôt joyeuse que chagrine…Pourtant il est bon de prévoir ;Et le chapeau de fleurs, un soir,Noué d’un ruban sur sa tête,Pourrait gêner Catherinette.Afin donc que l’heureux forbanPortant casque, toque, turban,Livre de science ou cuirasse,Mais aimable, l’en débarrasse,Ah ! Mademoiselle, par grâce,Ne nouez pas fort le ruban.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources