Poésies, 1900· V Poèmes et fantaisies
Madrigal dans le goût allemand
L’oiseau noir qui porte des cornes,Et niche au creux des troncs minés,Jette son cri morne aux fleurs mornesQui pendent des murs ruinés.
Dans l’allée ombreuse et dormante,Comme sous un balcon l’amant,Le doux rossignol se lamente,Se lamente amoureusement.
Écoute, sous l’herbe des rives,Ces pleurs et ces murmures frais ;C’est le gazouillis des eaux-vives,Qui jettent aux vents leurs secrets.
Or à ton caprice, fillette,Pour toi ma voix trouve des airsPlus doux que la plainte inquièteDes roseaux verts et des flots clairs,
Plus doux que la note enflamméeDu rossignol parmi les houx,Et plus tristes, ô bien aimée,Que le cri morne des hiboux.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources