Poésies, 1833· Mes heures perdues
Sonnet imité de l’italien
Mon âme a son secret,‖ ma vie a son mystère,Un amour éternel‖ en un moment conçu :Le mal est sans espoir,‖ aussi j’ai dû le taire,Et celle qui l’a fait‖ n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé‖ près d’elle inaperçu,Toujours à ses côtés,‖ et pourtant solitaire.Et j’aurai jusqu’au bout‖ fait mon temps sur la terre,N’osant rien demander‖ et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu‖ l’ait faite douce et tendre,Elle suit son chemin,‖ distraite et sans entendreCe murmure d’amour‖ élevé sur ses pas.
À l’austère devoir,‖ pieusement fidèle,Elle dira, lisant‖ ces vers tout remplis d’elle« Quelle est donc cette femme ?‖ » et ne comprendra pas.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a mystère / taire féminine, classiqueb conçu / su masculine, classiqueb inaperçu / reçu masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classiquec tendre / entendre féminine, classiqued pas masculine, classiquee fidèle / d’elle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, H. Floury, éditeur, 1900· numérisation archive.org· Sources