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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Dans la fournaise, 1892

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Théodore de Banville· 22 quatrains, hexasyllabes et tétrasyllabes, 88 vers

Chasseurs, gent carnassière,Secouez la poussièreDe vos chapeaux flétris.Voici Paris !

Et vous, rois du beau monde,Qui, dans la clarté blonde,Traîniez par les cheminsVos parchemins,

Rentrez, battant d’une aile,Dans la ville éternelleAux vastes horizonsPleins de maisons !

Vous couvriez de mallesNos stations thermales.Toutes ces villes d’eauxOnt si bon dos !

On y flirte à son aiseDans l’or d’une fournaiseOù les seuls gens marrisSont les maris.

Ah ! lorsque juin farouchePose sur notre boucheD’ardents charbons de feuComme par jeu,

S’en aller, c’est un rêve !Errer sur quelque grève,C’est un luxe enchantéDe volupté.

On s’enivre à l’auroreDu hurlement sonoreQui monte de la merAu flot amer.

Ou la forêt hagardeLonguement vous regardeAvec ses profonds yeuxMystérieux.

Sur les montagnes blanchesOù sont les avalanches,La neige des sommetsVous ravit. Mais

Paris, qui chante et souffre,Est la mer et le gouffreAvec ses larges flotsPleins de sanglots.

La mégère hargneusePrès d’une Maufrigneuse,La fleur rose et l’égout,Paris a tout.

Les toisons de ces femmesY déroulent des gammes,Et les cœurs des huissiersSont des glaciers.

A Paris, CléopâtreVit, et montrant l’albâtreDe son sein effréné,Revient Phryné.

C’est la métempsycose !Et comme gaîment causeCet effronté bavard,Le boulevart !

Il sied d’y faire halte.Oh ! comme sur l’asphalteOn y voit des palaisEt des mollets !

Mais parlons des théâtresSérieux et folâtres.Verrons-nous un Reszké ?C’est bien risqué.

Oui, dans notre caverne,La Mode offre et gouverneBien plus de Koh-innorsQue de ténors.

Des lèvres et des âmesQu’en vain nous épuisâmesCoule un flot d’infiniChez Tortoni.

L’esprit joue et s’envoleComme un oiseau frivoleMontant et descendant ;Et cependant,

Comme, la trouvant belle,Un enfant saisit l’ailePeinte de vermillonD’un papillon,

Le flâneur, qui s’amuseDu babil de la muse,Prend et saisit au volUn mot de Scholl !

30 septembre 1890.

Versification

Forme
22 quatrains (quatrains)
Rimes
22(aabb)
Mètre
Hexasyllabes et tétrasyllabes (66 de 6, 22 de 4)· profil 6, 4
Strophes
22 quatrains
Mots à la rime
a carnassière / poussière féminine, classiqueb flétris / Paris masculine, classiquea monde / blonde féminine, classiqueb chemins / parchemins masculine, classiquea aile / éternelle féminine, classiqueb horizons / maisons masculine, classiquea malles / thermales féminine, classiqueb d’eaux / dos masculine, classiquea aise / fournaise féminine, classiqueb marris / maris masculine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb feu / jeu masculine, classiquea rêve / grève féminine, classiqueb enchanté / volupté masculine, classiquea l’aurore / sonore féminine, classiqueb mer / amer masculine, classiquea hagarde / regarde féminine, classiqueb yeux / Mystérieux masculine, classiquea blanches / avalanches féminine, classiqueb sommets / Mais masculine, classiquea souffre / gouffre féminine, classiqueb flots / sanglots masculine, classiquea hargneuse / Maufrigneuse féminine, classiqueb l’égout / tout masculine, classiquea femmes / gammes féminine, classiqueb huissiers / glaciers masculine, classiquea Cléopâtre / l’albâtre féminine, classiqueb effréné / Phryné masculine, classiquea métempsycose / cause féminine, classiqueb bavard / boulevart masculine, classiquea halte / l’asphalte féminine, classiqueb palais / mollets masculine, classiquea théâtres / folâtres féminine, classiqueb Reszké / risqué masculine, classiquea caverne / gouverne féminine, classiqueb Koh-innors / ténors masculine, classiquea âmes / épuisâmes féminine, classiqueb d’infini / Tortoni masculine, classiquea s’envole / frivole féminine, classiqueb descendant / cependant masculine, classiquea belle / l’aile féminine, classiqueb vermillon / papillon masculine, classiquea s’amuse / muse féminine, classiqueb vol / Scholl masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

88 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 2001· numérisation Peter Edwards· Sources