Idylles prussiennes, 1871
Le Héros
Nous avons à faire pénétrer dans l’esprit de
nos officiers et de nos soldats cette grande
pensée dont n’ont pas voulu les monarchies
et que la République doit consacrer :
Que l’opinion seule peut récompenser
dignement le sacrifice de la vie.
Lettre du général Trochu augénéral Tamisier.
Ils le disaient, ces grands HellènesQui, morts, dans leurs apothéosesRespiraient encor les haleinesDes myrtes et des lauriers-roses :
Heureux qui, jeune, à son aurore,Embrassant la Mort détestée,Tombe dans le combat sonorePour sa patrie ensanglantée !
Celui-là, fauché par les glaives,Est orné d’un éclat magiqueEt dans les ombres de nos rêvesApparaît, superbe et tragique.
Son nom ailé, dont s’émerveilleLe pêcheur courbé sur ses rames,Voltigera, comme une abeille,Sur les lèvres des jeunes femmes,
Et le noir laurier de la guerreOmbrage sa tête sereine.Il n’est plus un passant vulgaireCaché dans la mêlée humaine,
Car ce soldat au cœur stoïqueReste l’orgueil de sa chaumière ;Pour jamais sa fin héroïqueA mis son front dans la lumière !
Il meurt, ayant conquis sa proie !Et lorsque dans la plaine verte,Frémissant d’une sainte joie,Il tombe, la poitrine ouverte,
La Gloire, souriante et pure,Admirant sa fière jeunesse,Vient baiser la rouge blessureAvec ses lèvres de Déesse.
Octobre 1870.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a Hellènes / haleines féminine, classiqueb apothéoses / lauriers-roses féminine, classiquea aurore / sonore féminine, classiqueb détestée / ensanglantée féminine, classiquea glaives / rêves féminine, classiqueb magique / tragique féminine, classiquea s’émerveille / abeille féminine, classiqueb rames / femmes féminine, classiquea guerre / vulgaire féminine, classiqueb sereine / humaine féminine, classiquea stoïque / héroïque féminine, classiqueb chaumière / lumière féminine, classiquea proie / joie féminine, classiqueb verte / ouverte féminine, classiquea pure / blessure féminine, classiqueb jeunesse / Déesse féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres poetiques completes, Paris, Honoré Champion, 1999· numérisation Peter Edwards· Sources