Le sang de la coupe, 1857
La Lyre
Les Dieux, pour lui laisser‖ le vin, buvaient du fiel.L’aigle à ses pieds veillait,‖ ayant quitté son aire ;Le lion devant lui‖ se couchait, débonnaire,L’abeille était joyeuse‖ et lui donnait son miel.
Il avait sur son front‖ le signe essentiel,Et du rouge vêtu,‖ comme un tortionnaire,Dans sa droite féroce‖ il portait le tonnerre,Étant celui qui fait‖ la clarté dans le ciel.
Pourtant, sans être ému‖ de sa terrible approche,Moi, je chantais mon ode‖ et j’emplissais la roche,La caverne et le bois‖ de cris mélodieux.
Enfin je m’avançai,‖ pris du sacré délire,Vers celui qui soumet‖ les tigres et les Dieux,Et je lui dis : Amour,‖ obéis ; j’ai la Lyre !
Octobre 1847.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fiel / miel masculine, classiqueb aire / débonnaire féminine, classiquea essentiel / ciel masculine, classiqueb tortionnaire / tonnerre féminine, classiquec approche / roche féminine, classiqued mélodieux / Dieux masculine, classiquee délire / Lyre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Théodore de Banville. Le sang de la Coupe, Trente-six Ballades joyeuses, Le Baiser., Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1857· numérisation poesies.net· Sources