Les Exilés, 1867
À la muse
Je n’ai pas renié‖ la lyre. Je puis boireEncor dans la fontaine‖ à la profondeur noire,Où le rhythme soupire‖ avec les flots divins.Ô déesse, j’étais‖ un enfant quand tu vinsPour la première fois‖ baiser ma chevelure.J’étais comme un avril‖ en fleur. Nulle souillureNe tachait la fierté‖ de mon cœur ingénu.Plus de vingt ans se sont‖ passés : mon front est nu.Nous nous en souvenons !‖ En ce temps-là, déesse,Vingt autres comme moi,‖ beaux, forts de leur jeunesse,Musiciens aux fronts‖ pensifs, que décoraientAussi de longs cheveux‖ d’or éclatant, juraientDe t’adorer, jaloux,‖ jusqu’à leur dernière heure,Et de rester toujours‖ dans la haute demeureQue tes yeux azurés‖ emplissent de clarté.Les autres sont partis,‖ muse. Je suis resté.
10 septembre 1865.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a boire / noire féminine, classiqueb divins / vins masculine, classiquea chevelure / souillure féminine, classiqueb ingénu / nu masculine, classiquea déesse / jeunesse féminine, classiqueb décoraient / juraient masculine, classiquea heure / demeure féminine, classiqueb clarté / resté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Exilés, Paris, Fasquelle, 1899· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources