Les stalactites, 1846
Le Démêloir
Quelle est celle-ci qui s’avance
comme l’Aurore lorsqu’elle se lève,
qui est belle comme la Lune et
éclatante comme le Soleil,
et qui est terrible comme une
armée rangée en bataille ?Cantique des cantiques.
Je sais qu’elle est pareille‖ aux Anges de lumière.Elle a des rayons d’astre‖ éclos sous sa paupière,Et je vois aux candeurs‖ de son pied calme et purQu’il a marché longtemps‖ sur les tapis d’azur.Sa bouche harmonieuse‖ et de charme inondéeSemble, à son doux parfum‖ de roses de Judée,Avoir vidé la coupe‖ aux noces de Cana,Et chanté dans les cieux‖ le Salve Regina.Mais ces tempes de marbre‖ et ce sourcil farouche,La superbe fierté‖ du front et de la bouche,Ces rougeurs, ce duvet‖ pleins de défis mordants,L’insolente fraîcheur‖ de ces tons discordants,Ces ongles lumineux‖ et ces dents de tigresseA des instants furtifs‖ trahissent la Déesse.Quand, pareille aux Vénus‖ que je chante en mes vers,Sous un grand démêloir‖ d’écaille aux reflets vertsElle fait ruisseler,‖ en sortant de l’alcôve,Cette ample chevelure‖ à l’or sanglant et fauve,Quand ses mains de statue‖ achèvent d’y verserLe flot d’huile épandu,‖ le soleil fait glisserSur ces âpres trésors,‖ qu’à loisir elle baigne,Un rayon rose au bout‖ de chaque dent du peigne.
Février 1844.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 11((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a lumière / paupière féminine, classiqueb pur / d’azur masculine, classiquea inondée / Judée féminine, classiqueb Cana / Regina masculine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb mordants / discordants masculine, classiquea tigresse / Déesse féminine, classiqueb vers / verts masculine, classiquea l’alcôve / fauve féminine, classiqueb verser / glisser masculine, classiquea baigne / peigne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de Théodore de Banville. Les stalactites, Odelettes, Améthystes, Le Forgeron., Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 1889· numérisation poesies.net· Sources