Poussières, 1854
« À qui rêves-tu si tu rêve »
À qui rêves-tu si tu rêve,Front bombé que j’adore‖ et voudrais entr’ouvrir,Entr’ouvrir d’un baiser‖ pénétrant comme un glaive,Pour voir si c’est à moi,‖ — que tu fais tant souffrir !O front idolâtré,‖ mais fermé, — noir mystère,Plus noir que ces yeux noirs‖ qui font la Nuit en moi,Et dont le sombre feu‖ nourrit et désespèreL’amour affreux que j’ai pour toi !
Je n’ai su jamais si tu pense,Si tu sens, — si ton cœur‖ bat comme un autre cœur,Et s’il est quelque chose‖ au fond de ton silenceObstinément gardé,‖ cruellement boudeur !
Non ! je n’ai jamais su‖ s’il était dans ton âmeUne place où plus tard‖ pût naître un sentiment,Ou si tu dois rester‖ une enfant, quoique femme,Une enfant ! pas même ! — un néant !
Un néant qui semble la vie !Mais qui fait tout oser‖ aux cœurs comme le mien ;Car l’être inanimé‖ qu’on aime, nous défie !On brûlerait le marbre‖ en l’aimant ! — Mais le rien ! !Le rien vêtu d’un corps................................
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 1(ababcdcd) 3(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 quatrains, 1 huitain
- Mots à la rime
- a rêve / glaive féminine, classiqueb entr’ouvrir / souffrir masculine, classiquec mystère / désespère féminine, classiqued moi / toi masculine, classiquea pense / silence féminine, classiqueb cœur / boudeur masculine, classiquea âme / femme féminine, classiqueb sentiment / néant masculine, classiquea vie / défie féminine, classiqueb mien / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
21 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poussières, Paris, Alphonose Lemerre, Éditeur, 1897· numérisation poesies.net· Sources