Les Pleureuses, 1895· La lampe
À une amie
Les voix s’exaltent et s’élèventJe suis vieux comme les aïeuls,J’ai des rêves lassés qui rêventTout seuls.
C’est le temps triste et monotone,C’est le désespoir grand ouvert,C’est le printemps, l’été, l’automne,L’hiver !
Le souvenir de l’ancien geste,Le souvenir du mal ancienCe qui reste, quand il ne restePlus rien.
Ô vous, ma sœur d’après la veille,De l’instant splendide et sacréOù le rêve qui s’ensommeilleEst vrai…
Petit poème magnifique,Éclos par le pardon du soir,Où l’on entend de la musiqueSans voir…
Je vous bénis, ange en sourire,Mains qui servent mon désespoir,Bonté qui fait que je m’admireLe soir !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et dissyllabes (18 de 8, 6 de 2)· profil 8, 2
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a s’élèvent / rêvent féminine, classiqueb aïeuls / seuls masculine, classiquea monotone / l’automne féminine, classiqueb ouvert / L’hiver masculine, non classiquea geste / reste féminine, classiqueb ancien / rien masculine, classiquea veille / s’ensommeille féminine, classiqueb sacré / vrai masculine, classiquea magnifique / musique féminine, équivalenteb soir / voir masculine, classiquea sourire / m’admire féminine, classiqueb désespoir / soir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources