Les Pleureuses, 1895· Le soir en fête
Croire
Je t’entends, lorsque j’écoute…
Lorsque tu t’en es allée,Tu dis : « Je ne t’aime pas ».Dans la pauvre et froide alléeJ’ai marché du même pas.
Puisque je ne l’ai pas crue,Pitié d’or, ciel adouci,Ombre lentement accrueOh ! ne soyez pas ainsi…
Comment pouvais-je te croire ?…Je suis à toi, je vois mal.Je suis ivre encor de gloireEt je n’entends pas le mal.
On ne peut pas se reprendreComme on s’était égaré.Il faut longtemps pour comprendrePourquoi d’autres ont pleuré.
Je suis l’âme douce et tristeDans le temps qui va, dans l’air.Si l’on est fort, je résiste,Je suis éclair à l’éclair.
Je suis au-dessus du monde,Des prières, des amours,Je suis à toi, pauvre blonde.Ce n’est que dans bien des jours…
De par la paix infinie,Usé de ne plus te voir,J’entrerai dans l’agoniePetit à petit, le soir.
Il faudra bien du silenceEt dans le calme dormant,J’aurai l’autre rêve immense :Je croirai, tout doucement.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a allée féminine, classiqueb pas masculine, classiquea crue / accrue féminine, classiqueb adouci / ainsi masculine, classiquea croire / gloire féminine, classiqueb mal masculine, classiquea reprendre / comprendre féminine, classiqueb égaré / pleuré masculine, classiquea triste / résiste féminine, classiqueb l’air / l’éclair masculine, classiquea monde / blonde féminine, classiqueb amours / jours masculine, classiquea infinie / l’agonie féminine, classiqueb voir / soir masculine, classiquea silence / immense féminine, classiqueb dormant / doucement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources