Les Pleureuses, 1895· La lampe
Demi-rêve
Je voudrais la paix qui neige !
Voici le conte qui s’achève,Oh ! c’est que rien n’est oublié !…Voici la fatigue qui rêveDe vieille enfance et de pitié.
Voici la fatigue qui pleure,Qui pleure pour nous et pour toi ;(Vois-tu, la paix est la meilleure)Qui vient, tremblante encor, vers moi.
Ma pitié, c’est de l’innocenceQui ne peut jamais consoler,C’est la prière du silence,Et l’amour que l’on laisse aller…
Quel parfum de mélancolieDonne le songe du passé…J’ai rêvé de ce que j’oublie,Je vis de ce qu’on m’a laissé.
Ô bon passé, toi qui me charmes.Ô vague hiver où j’ai pâli,Revenez, les maux et les larmesDans le sourire de l’oubli.
Pourquoi le passé se lamente ?…Il m’est un neuf et doux espoir…J’ai besoin de son ombre aimante,Puisque dehors c’est le vrai soir.
La bonne soirée où je trôneS’attarde alors en soins confus,Et divinise d’une aumôneLe pauvre, pauvre que je fus.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a s’achève / rêve féminine, classiqueb oublié / pitié masculine, classiquea pleure / meilleure féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquea l’innocence / silence féminine, classiqueb consoler / aller masculine, classiquea mélancolie / j’oublie féminine, classiqueb passé / laissé masculine, classiquea charmes / larmes féminine, classiqueb pâli / l’oubli masculine, classiquea lamente / aimante féminine, classiqueb espoir / soir masculine, classiquea trône / aumône féminine, classiqueb confus / fus masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources