Les Pleureuses, 1895· Le soir en fête
Frisson Du Réel
C’est la nuit dans les jardins blêmes.Les grands arbres sont consolés.Passons, couple pur, étoilésAinsi que dans les vieux poèmes.
Sur un fût de marbre appuyés,Nous dominons la sombre ville.Une fenêtre, fleur tranquille,Éclot dans l’azur à nos pieds.
C’est un foyer voilé qui brille,Un corps lointain qui tend les bras,Des rayons étroits, des fronts bas,L’humble étoile d’une famille…
Un reflet rouge, caressant,Baigne leur beauté, leur prière…Au loin, dans l’enfer bleu des pierresVoici la vie humaine en sang !
Oh ! la vie à qui l’on doit croire,Le réel, le malheur si doux,Le geste éternel près de nous,La maison grise au mur de gloire !
Le temps semble s’être arrêté…Tu baisses ton profil sublime,Et nous nous penchons vers l’abîmeDans un frisson d’éternité.
Qu’il sacre, ce soir qui déferle,Ta sainte attitude sans voix,Et que les pleurs entre tes doigtsVivent longtemps, comme des perles…
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a blêmes / poèmes féminine, classiqueb consolés / étoilés masculine, classiquea appuyés / pieds masculine, classiqueb ville / tranquille féminine, classiquea brille / famille féminine, classiqueb bras / bas masculine, classiquea caressant / sang masculine, non classiqueb prière / pierres féminine, non classiquea croire / gloire féminine, classiqueb doux / nous masculine, classiquea arrêté / d’éternité masculine, classiqueb sublime / l’abîme féminine, classiquea déferle / perles féminine, non classiqueb voix / doigts masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 1.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources