Les Pleureuses, 1895· Messe du passé
L’éloignement
Le passé qui passe…
Je ne reverrai plus‖ les aveux incertainsQui passaient autrefois‖ sur tes lèvres peureuses,Ton sourire d’enfant,‖ ni ces objets lointainsQue nous avons touchés‖ avec nos mains heureuses
Peu à peu j’avais fait‖ un beau rêve de toi,Mon âme le suivait‖ avec mansuétudeEt sans lever les yeux‖ pour le voir devant soi,Elle a continué‖ la paisible habitude.
Je marche longtemps seul‖ où je fus avec toi,Je viens au rendez-vous‖ comme un ami docile,Et je te vois passer‖ doucement devant moiPleine d’éloignement‖ et de clarté tranquille.
Ne reviens pas, même un‖ instant, même tout bas…Le paradis‖ des souvenirs‖ mourrait de joie.Laisse-nous tous les deux‖ dormir ! ne reviens pasAvec tes petits pieds‖ et ta robe de soie.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a incertains / lointains masculine, classiqueb peureuses / heureuses féminine, classiquea toi / soi masculine, classiqueb mansuétude / habitude féminine, classiquea toi / moi masculine, classiqueb docile / tranquille féminine, classiquea bas / pas masculine, classiqueb joie / soie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources