Les Pleureuses, 1895· Les choses
Le mort
Il dort dans sa fête d’aïeul.Sur le mur, c’est la même estampe ;La chambre n’attend plus la lampe,Et le soir semble entrer tout seul.
Tout bruit s’est tu — Le lit est mort ;Simplement, le rideau se penche.Seule — sur la poitrine blancheLa croix d’ébène pense encor.
Tout doucement c’est lui qui règne.L’ombre implore ses regards clos.Voici sur son front en reposLe malheur de la nuit qui saigne.
Et le silence, hymne qui dort,Le transfigure d’un vieux charme.Il est dans la beauté des larmes,Et nous, nous sommes dans la mort…
Consolé, c’est lui qui consoleLes pauvres choses de toujours…Dans la morne clarté des coursLe monde contemple l’idole
Il est comme au cœur de l’adieuQue fait la terre ténébreuse ;Sa chair est calme et bienheureuseEt mort, c’est lui qui croit en Dieu !
Vers lui va toute voix qui chante,Tout amour béni de souffrir…Le soir achève de mourirSur sa tranquillité vivante.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a d’aïeul / seul masculine, classiqueb estampe / lampe féminine, classiquea mort / encor masculine, non classiqueb penche / blanche féminine, classiquea règne / saigne féminine, classiqueb clos / repos masculine, classiquea dort / mort masculine, classiqueb charme / larmes féminine, non classiquea console / l’idole féminine, classiqueb toujours / cours masculine, classiquea l’adieu / Dieu masculine, classiqueb ténébreuse / bienheureuse féminine, classiquea chante / vivante féminine, classiqueb souffrir / mourir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources