Les Pleureuses, 1895· La haine
Le sommeil
Tandis qu’au milieu du silenceTu t’endors sous le rideau noir,Je sens éclore ton absenceDans la grande chambre du soir.
Quelle immense pitié se lève,Pauvre ange aux yeux clos, à te voirLorsque tu dors, blanche de rêve,Auprès de moi triste du soir.
Tu ne me connais plus, ma reine,Tout entière à l’espoir tremblantTa petite main tient à peineLa douce vie et le drap blanc.
Et je reste seul, et je penseQue tu rêves bien loin du jour,Et que ton repos est immenseEt divin comme notre amour !
Nous en avons comme un présageAu fond des soirs mystérieux,Lorsque notre âme fait naufrageDans la fatigue de nos yeux.
Je suis seul parmi toutes choses,Hélas, tout se tait devant moi,Et ta figure aux lèvres closesEst comme un souvenir de toi.
Je te vois tranquille et sans geste,Ton sourire s’est effacé…On dirait l’adieu qui vous resteQuand on est seul dans le passé.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a silence / absence féminine, classiqueb noir / soir masculine, classiquea lève / rêve féminine, classiqueb voir / soir masculine, classiquea reine / peine féminine, classiqueb tremblant / blanc masculine, classiquea pense / immense féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquea présage / naufrage féminine, classiqueb mystérieux / yeux masculine, classiquea choses / closes féminine, classiqueb moi / toi masculine, classiquea geste / reste féminine, classiqueb effacé / passé masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources