Les Pleureuses, 1895· Le soir en fête
« Tu viendras dans mon âme avec un grand air triste »
Je sens trembler un peu la douceur de ta vie…
Tu viendras dans mon âme‖ avec un grand air triste ;J’entends des voix chanter‖ dans la longueur des jours,J’entends des chants lassés‖ qui finissent toujours,Et le ciel s’assombrit‖ comme un cœur qui s’attriste.
Il nous faudra longtemps,‖ purs et silencieux,Nous qui sommes venus‖ les derniers dans les choses,Deviner la détresse‖ au fond des âmes closes,Et voir la solitude‖ au fond de tous les yeux.
Hélas, sans le vouloir,‖ dans mon mal solitaire,Je conduirai celui‖ qui m’a donné la main,Et j’ai peur en voyant‖ l’angoisse du cheminOù je dois m’en aller‖ avec mon petit frère.
Que puis-je te donner,‖ petit prince aux yeux doux,Que puis-je te donner‖ pour la marche sans trêve,Sinon un peu d’orgueil‖ entrevu dans un rêveEt ce bonheur lassé‖ qui pleure au fond de nous !
Oh ! ne ferai-je pas‖ mourir la gentillesseEn te montrant la vie‖ et son décor très noir,Et les pauvres malheurs‖ qui font l’adieu du soir,Et toute la grandeur‖ et toute la tristesse !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a triste / s’attriste féminine, classiqueb jours / toujours masculine, classiquea silencieux / yeux masculine, classiqueb choses / closes féminine, classiquea solitaire / frère féminine, classiqueb main / chemin masculine, classiquea doux / nous masculine, classiqueb trêve / rêve féminine, classiquea gentillesse / tristesse féminine, classiqueb noir / soir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Pleureuses, Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1920· numérisation poesies.net· Sources