Les fleurs du mal, 1861· Tableaux parisiens
CI. L’Amour du mensonge
Quand je te vois passer,‖ ô ma chère indolente,Au chant des instruments‖ qui se brise au plafondSuspendant ton allure‖ harmonieuse et lente,Et promenant l’ennui‖ de ton regard profond ;
Quand je contemple, aux feux‖ du gaz qui le colore,Ton front pâle, embelli‖ par un morbide attrait,Où les torches du soir‖ allument une aurore,Et tes yeux attirants‖ comme ceux d’un portrait,
Je me dis : Qu’elle est belle !‖ et bizarrement fraîche !Le souvenir massif,‖ royale et lourde tour,La couronne, et son cœur,‖ meurtri comme une pêche,Est mûr, comme son corps,‖ pour le savant amour.
Es-tu le fruit d’automne‖ aux saveurs souveraines ?Es-tu vase funèbre‖ attendant quelques pleurs,Parfum qui fait rêver‖ aux oasis lointaines,Oreiller caressant,‖ ou corbeille de fleurs ?
Je sais qu’il est des yeux,‖ des plus mélancoliques,Qui ne recèlent point‖ de secrets précieux ;Beaux écrins sans joyaux,‖ médaillons sans reliques,Plus vides, plus profonds‖ que vous-mêmes, ô Cieux !
Mais ne suffit-il pas‖ que tu sois l’apparence,Pour réjouir un cœur‖ qui fuit la vérité ?Qu’importe ta bêtise‖ ou ton indifférence ?Masque ou décor, salut !‖ J’adore ta beauté.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a indolente / lente féminine, classiqueb plafond / profond masculine, classiquea colore / aurore féminine, classiqueb attrait / portrait masculine, classiquea fraîche / pêche féminine, classiqueb tour / amour masculine, classiquea souveraines / lointaines féminine, classiqueb pleurs / fleurs masculine, classiquea mélancoliques / reliques féminine, classiqueb précieux / Cieux masculine, classiquea l’apparence / indifférence féminine, classiqueb vérité / beauté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les fleurs du mal, Michel Lévy, 1868· numérisation wikisource.org· Sources