Œuvres complètes de Béranger, 1839
Adieux à mes amis
AIR : C’est un lanla, landerirette
D’ici faut-il que je parte,Mes amis, quand loin de vousJe ne puis voir sur la carteD’asile pour moi plus doux !Même au sein de notre ivresse,Dieu ! je crois être à demain :Fouette, cocher ! dit la Sagesse ;Et me voilà sur le chemin.
Malgré les sermons du sage,On pourrait, grâce aux plaisirs,Aux fatigues du voyageOpposer d’heureux loisirs.Mais une ardeur importuneEn route met chaque humain :Fouette, cocher ! dit la Fortune ;Et nous voilà sur le chemin.
Ne va point voir ta maîtresse,Ne va point au cabaret,Me vient dire avec rudesseUn médecin indiscret ;Mais Lisette est si jolie !Mais si doux est le bon vin !Fouette, cocher ! dit la Folie ;Et me voilà sur le chemin.
Parmi vous bientôt peut-êtreJe chanterai mon retour.Déjà je crois voir renaîtreL’aurore d’un si beau jour :L’Allégresse, que j’encense,À mon paquet met la main.Fouette, cocher ! dit l’Espérance ;Et me voilà sur le chemin.
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Béranger, Paris, H. FOURNIER AÎNÉ, ÉDITEUR, 1839· numérisation wikisource.org· Sources