Œuvres complètes de Béranger, 1839
Couplets à ma filleule
ÂGÉE DE TROIS MOIS LE JOUR DE SON BAPTÊME
AIR : J’étais bon chasseur autrefois
Ma filleule, où diable a-t-on prisLe pauvre parrain qu’on vous donne ?Ce choix seul excite vos cris ;De bon cœur je vous le pardonne.Point de bonbons à ce repas ;À vos yeux cela doit me nuire ;Mais, mon enfant, ne pleurez pas,Votre parrain vous fera rire.
L’amitié m’en a fait l’honneur,Et c’est l’amitié qui vous nomme.Or, pour n’être pas grand seigneur,Je n’en suis pas moins honnête homme.Des cadeaux si vous faites cas,Vous y trouverez à redire ;Mais, mon enfant, ne pleurez pas,Votre parrain vous fera rire.
Malgré le sort qui sous sa loiTient la vertu même asservie,Puissions-nous, ma commère et moi,Vous porter bonheur dans la vie !Pendant leur voyage ici-bas,Aux bons cœurs rien ne devrait nuire ;Mais, mon enfant, ne pleurez pas,Votre parrain vous fera rire.
Qu’à vos noces je chanterai,Si jusque là mes chansons plaisent !Mais peut-être alors je seraiOù Panard et Collé se taisent.Quoi ! manquer aux joyeux ébatsQu’un pareil jour devra produire !Non, mon enfant, ne pleurez pas,Votre parrain vous fera rire.
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Béranger, Paris, H. FOURNIER AÎNÉ, ÉDITEUR, 1839· numérisation wikisource.org· Sources