Soixante années de lyrisme intermittent, 1945
A Anne-marie Bernard
Chez notre voisin le fermier,Les arbres ne sont pas en nombreOn aperçoit un seul pommierQui, vers midi, laisse à son piedTomber négligemment son ombreComme on fait d’un peignoir de bain.… Hier midi sonnait au clocher du villageL’ombre était à côté de l’arbre… Décalage !Hé bien ! mon vieux pommier, hé ben !Or, — vous jugez de ma surpriseDes feuilles qu’agite la briseM’arrive un bruit, un bruit très douxEt le pommier me répondait en son langageIl me disait : jeune homme qu’avez-vous ?Nous n’obéissons pas au clocher du villageEt si mon ombre est un peu de côtéC’est que les végétaux n’ont jamais adoptél’heure d’été.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Soixante années de lyrisme intermittent, PARIS, ÉDITIONS LITTÉRAIRES DE FRANCE, 1945· Sources