Poésies, 1845‑1858· Idéal
Sécrète pensée
Dans ton cœur joyeux ou blessé,Tu gardes à jamais empreintesLes reliques mornes et saintes,Les traces mortes du passé.
Comme un bourdonnement d’abeille,Un murmure vague et confusT’entretient de ce qui n’est plus,Et tu prêtes en toi l’oreille.
Sur ta lèvre où tout bruit s’est tuPosant tout à coup ton doigt rose,Tu dis : — « Je pense à quelque chose ! »O rêveuse, à quoi penses-tu ?
Qui le sait ? qui le pourrait dire ?Tu laisses à tous ignorerQue ! souvenir te fait pleurer,Quel vague espoir te fait sourire.
Tu dérobes à tous les yeuxTon âme : il faut qu’on la devine.C’est une fleur chaste et divine,Qui ne s’ouvre que pour les deux.
Mais c’est un bonheur doux et tristeQue de la respirer d’en bas,Cette fleur qu’on n’entrevoit pas,Et de connaître qu’elle existe.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a blessé / passé masculine, classiqueb empreintes / saintes féminine, classiquea d’abeille / l’oreille féminine, classiqueb confus / plus masculine, classiquea tu / penses-tu masculine, classiqueb rose / chose féminine, classiquea dire / sourire féminine, classiqueb ignorer / pleurer masculine, classiquea yeux / deux masculine, classiqueb devine / divine féminine, classiquea triste / existe féminine, classiqueb bas / pas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Prosper Blanchemain, Paris, LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE - ÉDOUARD ROUVEYRE, 1880· numérisation archive.org· Sources