Odes, épigrammes et autres poésies, 1664‑1704
Stances
à M. Molière, sur sa comédie de « l’École des Femmes », que plusieurs gens frondaient
(1663)
En vain mille jaloux esprits,Molière, osent avec méprisCensurer ton plus bel ouvrage ;Sa charmante naïvetéS’en va pour jamais d’âge en âgeDivertir la postérité.
Que tu ris agréablement !Que tu badines savamment !Celui qui sut vaincre Numance,Qui mit Carthage sous sa loi,Jadis sous le nom de TérenceSut-il mieux badiner que toi ?
Ta Muse, avec utilité,Dit plaisamment la vérité ;Chacun profite à ton école ;Tout en est beau, tout en est bon,Et ta plus burlesque paroleEst souvent un docte sermon.
Laisse gronder tes envieux :Ils ont beau crier en tous lieux,Qu’en vain tu charmes le vulgaire,Que tes vers n’ont rien de plaisant ;Si tu savais un peu moins plaire,Tu ne leur déplairais pas tant.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(aabcbc)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a esprits / mépris masculine, classiqueb ouvrage / âge féminine, classiquec naïveté / postérité masculine, classiquea agréablement / savamment masculine, classiqueb Numance / Térence féminine, classiquec loi / toi masculine, classiquea utilité / vérité masculine, classiqueb école / parole féminine, classiquec bon / sermon masculine, classiquea envieux / lieux masculine, classiqueb vulgaire / plaire féminine, classiquec plaisant / tant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Hachette, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources