Rapsodies, 1832· Rapsodies
L’Aventurier
À D. KRAFFT.
Ne puis-je donc aller fumer où il me plaira le
cigare de mon existence ?AUTEUR CONNU.
Ce désert étouffant‖ est donc infranchissable ?…Voilà bientôt deux nuits‖ que j’ai quitté les bords ;De l’aube à l’Occident‖ je marche, et n’en suis hors.Mes deux pieds lourdement‖ s’enfoncent dans le sable,Et mon bambou se rompt‖ sous le poids de mon corps.
Harassé, je m’assieds,‖ mourant et solitaire,Ainsi qu’une ombre errante‖ aux débris d’un château.Rien ! pas un seul carbet‖ sur ce vaste plateau.D’un stupide regard‖ je mesure la terre,Qui se déploie au loin‖ comme un large manteau.
Rien, que ma soif et moi :‖ quel horrible silence !Je n’entends que mon râle‖ et le bruit de mon cœur.Je penche, je faiblis‖ courbé par la douleur.Dieu ! que l’homme est piteux‖ en un désert immense !Dieu ! que l’homme est débile‖ au souffle du malheur !
Blasphème, aventurier,‖ pleure, et te désespère,Au réveil trop cruel‖ d’un trop court songe d’or…Mon sort est mérité,‖ peut être pire encor ;Dans la tombe en partant‖ j’ai poussé mon vieux père :Je voulais l’opulence,‖ et j’embrasse la mort.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(abbab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a infranchissable / sable féminineb bords / hors / corps masculinea solitaire / terre féminineb château / plateau / manteau masculinea silence / immense féminineb cœur / douleur / malheur masculinea désespère / père féminineb d’or / encor / mort masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rapsodies, M. Levy,Paris, 1868· numérisation poesies.net· Sources