Rapsodies, 1832· Rapsodies
La Fille du Baron
À THÉOPHILE GAUTIER, poète.
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mon humble cœur est son varlet !
Sèche tes pleurs, fille adorée.Tu peux puiser dans mon trésor ;Veux-tu brillera la vesprée ?Prends tous ces velours et cet or !
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mon humble cœur est son varlet !
Peux-tu préférer, ô ma fille !Ce tant pauvret à d’Archambault,Dont l’estoc près du trône brille,Et qui même au roi parle haut.
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mon humble cœur est son varlet !
Il a trois châteaux en Touraine,Deux dans le Rhône se mirant.Tu serais grande suzeraine,Tu brillerais nu premier rang.
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mon humble cœur est son varlet !
On te rendra partout hommage,Partout ! comme on le fait au roi,Les vassaux baiseront la plageOù passera ton palefroi.
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mou humble cœur est son varlet !
Ainsi, tu brave honneurs, famille,D’Archambault, mes vœux !… sans détour,Écuyers ! qu’on traîne ma filleAux oubliettes de la tour !
Non ! rendez-moi mon bachelet ;Mon humble cœur est son varlet !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 5{1(aa) 1(abab)} 1(aa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 distiques, 5 quatrains
- Mots à la rime
- a bachelet / varlet masculinea adorée / vesprée féminineb trésor / or masculinea fille / brille féminineb d’Archambault / haut masculinea Touraine / suzeraine féminineb mirant / rang masculinea hommage / plage féminineb roi / palefroi masculinea famille / fille féminineb détour / tour masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rapsodies, M. Levy,Paris, 1868· numérisation poesies.net· Sources