Le Luth doré, 1911· Les reliques du cœur
Les fleurs caressantes
Les fleurs ont fait encor leurs caresses plus doucesEn ce tiède matin,Comme pour saluer l’Amour que tu repoussesEt que tu crois éteint.
Regarde ! Leurs frissons, au souffle de la brise,Ressemblent au frissonDe tes seins devinés sous la batiste griseEt le point d’Alençon.
Pourquoi veux-tu, quand tout renaît, garder ton âmeClose à ce grand soleil ?Prétends-tu que, craignant ta défense, sa flammeÉpargne ton sommeil ?
Qu’enfin, si tu le veux, ton corps pareil aux rosesMousseuses du jardin,Et qu’espère défendre, au creux des coussins roses,Ton fragile dédain,
Ne se pâmera point sous la caresse tendreTombant de la clarté,Et que l’Amour, dans un rayon, ne pourra prendreMalgré toi ta beauté ?
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Luth doré, Paris, BERNARD GRASSET, 1911· numérisation gallica.bnf.fr· Sources