Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
II. « Au seuil du tabernacle élégant et léger »
Au seuil du tabernacle élégant et légerQue jonchent le crocus, le colchique et les roses,Devant l’amour qui règne en des apothéoses,Laisse comme l’encens ton âme voltiger.
L’heure est douce, le cœur à l’abri du danger,L’orage dissipé des tristesses moroses.La clepsydre, rythmant pour toi les rêves roses,Te promet un bonheur qui n’est point passager.
Entre la colonnade où le lierre s’attache,Un vent tiède et discret tel un dieu qui se cacheSusurre. L’on entend de frèles bruits d’essaims.
Et dans un brouillard blond, sous les fauves ramures,Les vieux Titans d’airain avec de doux murmuresVersent l’eau cristalline aux vasques des bassins.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources