Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
I. « Le chaud soleil dissipe en poussière de larmes »
Le chaud soleil dissipe en poussière de larmesLa brume. A tes cheveux les branchages pourprésMettent de lents baisers. C’est l’automne. Les présS’étoilent de genêts pour mieux fleurir tes charmes.
Par les sentiers muets chemine sans alarmesVers le Temple érigeant, là-bas, ses murs dorés.Cède à l’appel d’un Dieu. Gravis les blancs degrésQue le pampre rougit comme du sang les armes.
Entre ! Au porche d’ivoire enguirlandé de buis,La clepsydre d’airain marque les jours enfuis,Et sur son socle vert où flambent des topazes,
Regardant, sans le voir, le ciel plein de clarté,Le fils marmoréen de Vénus Astarté,Éros, le bel Éros sourit à ses extases.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources