Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
V. « Devant l’amour, oiseaux joyeux, battez des ailes »
Devant l’amour, oiseaux joyeux, battez des ailes.Entourez-le des lacs de votre léger vol.Frôlez dans un élan souple, rapide et fol,Ce Dieu qui vous sourit, pinsons et tourterelles.
Voyez ! sous le ciel pur s’empourprent les airelles.Le fruit rouge du houx se répand sur le solEt, le long des ruisseaux jaseurs, d’un élan mol,La feuille glisse ; au loin chantent des pastourelles.
Les fronts humains sont las et s’inclinent, plus lourds.Mais vous, chers passereaux qui gazouillez toujours,Désertant les rameaux moins verts des forêts fraîches,
Où l’automne suspend ses rouilles et ses ors,Vers le temple d’Éros fuyez comme des flèchesEt prenez son autel pour but de vos essors.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources