Le recueil des souvenirs, 1899· Pèlerinage d’amour· Pèlerinage d’amour
VI. « Et vous qui recueillant l’âme des fleurs, abeilles »
Et vous qui recueillant l’âme des fleurs, abeilles,Édifiez sans cesse, avec un art charmant,Les rayons embaumés plus blonds que le froment,Dans vos maisons de chaume, agrestes et pareilles ;
Sous le regard d’Éros, parmi le sang des treillesSur qui l’aube versa ses pleurs de diamant,Enduisez de miel doux comme un fin vêtementLes chapiteaux de marbre ou l’osier des corbeilles.
La récolte alourdit votre corps essoufflé,Et la cire au raisin lourd de suc et gonfléMet des festons dorés de jour qui vient d’éclore,
Pour qu’on voie, alternant avec l’or de Cérès,Les dons de Mellona, les présents de Palès,Les fruits mûrs de Vertumne et la moisson de Flore.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le recueil des souvenirs, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources