Les heures de la muse - Ii, 1902· Incertitude — sagesse — communion — premiers émois
Incertitude
L’obscure hérédité que je sens vivre en moiM’a fait vouer aux temps passés un culte austère.Comme un leude, jadis, j’appartiens à la terreQui vit fleurir les lys sur le manteau du roi.
Mon âme évoque encor les vieux âges de FoiOù le temple appelait la foule à son mystère.Je hais l’impiété fermant le monastère,Le sectaire appliquant comme il lui plaît la loi.
Mais le présent m’attire et mon siècle me charme ;J’aime le vaste effort de son œuvre profond.J’admire la science et le progrès qui font
Marcher le genre humain vers une aube sans larme ;Et je demeure ainsi doublement tourmentéPar l’esprit de ce siècle et mon hérédité.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources