Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques· Hercule et Déjanire
VI. La jeune iole et le meurtre de son père Eurytus
Iole a le teint des lys et la grâce des blésDont s’agite au lointain la mer blonde et mouvante.Un enivrant parfum de souple fleur vivanteS’exhale de ses seins par l’abeille frôlés.
Hercule est sombre. Éros règne en ses sens troublés.Longtemps près d’un roi dur, en vain, il se lamente.Les prières d’un cœur qui tremble et s’épouvanteN’ont pu plier le père aux désirs formulés.
Mais la Vierge, en ce jour, dans les bras qui la pressent,Contre son gré vibrante aux baisers qui caressentSon beau corps nu plus doux que le miel du Taurus,
Croit voir encor, du haut des remparts d’Æchalie,Hercule dédaigné, les yeux pleins de folie,Plonger la lance au cœur du monarque Eurytus.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources