Les heures de la muse - Ii, 1902· Les antiques
La ruine
Pour Albert Thomas.
Les flexibles liens de la vigne ou du lierre,La clématite agreste et le frais chèvrefeuilOnt couvert les parois, les dalles et le seuilDu vieux temple latin qui tombe pierre à pierre.
Sa façade a des tons d’or roux et de lumière,Mais il n’est plus l’asile où s’étalait l’orgueilDe la Divinité dont le farouche accueilImposait au passant la dîme et la prière.
Son enceinte, secrète encor, n’abrite plusDes pèlerins craintifs le flux et le reflux.Sans trouble l’écureuil niche aux murs solitaires.
A la brune, parfois, quelques beaux amoureuxY pénètrent, jaloux de couronner leurs feux ;Et le temple préside à de charmants mystères.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les heures de la muse, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources