Les jours reflétés, 1925· La vie· II In Memoriam
Patria non Immemor
Va, nous nous souviendrons de tes deuils, France, ô Mère.Le temps peut s’écouler,Toujours sur tes tombeaux notre douleur amèreViendra se désoler.
D’autres pourront, en proie à leur vanité vaine,S’évader du passé ;Sans mémoire, fouler sous l’herbe qui l’enchaîne,L’humble tertre effacé ;
Ils pourront dans leur cœur, tel un champ, à l’automne,Que dénuda le vent,Chasser du souvenir, qu’ils jugeaient monotone,Le regret décevant.
Ah ! laisse ces ingrats dont l’esprit faible oublieTes surhumains efforts,Et qui, las du devoir, ne calquent pas leur vieSur l’exemple des morts…
Pour nous, quels que soient l’an, le mois et la journée,Notre âme veut resterL’asile où tous les heurts blessant ta destinéeVont se répercuter.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jours reflétés, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1925· numérisation gallica.bnf.fr· Sources