Les jours reflétés, 1925· La vie· II In Memoriam
Pendant la semaine des morts
Chers amis, morts vaillants tombés pour notre cause,Nos cœurs fidèlement gardent le souvenirDu sacrifice affreux qu’il fallut accomplirAfin que l’alleu franc connût l’apothéose.
Notre respect grandit l’holocauste sacréDes milliers de martyrs qu’exigea la Victoire.O frères, vous formez l’immortel offertoireQui sera par l’honneur en tous lieux célébré.
Mon âme est maintenant ainsi qu’une urne immenseOù vos restes épars reposent à l’abri,Et sur lesquels mes pleurs — qui n’ont jamais tariDepuis votre trépas ! — ruissellent en silence.
Cependant les regrets épargnent mon espoir,Puisque nous vous devons une France plus belle.Sur son front le laurier s’unit à l’asphodèleEt ce fier diadème est consolant à voir,
Tandis que, par le Sort comme autrefois guidée,Elle reprend sa route, à côté du progrès,Pour mener, derechef, les peuples sans arrêtsA l’affranchissement superbe de l’Idée.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jours reflétés, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1925· numérisation gallica.bnf.fr· Sources