Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
Doute
Chi ama, io’l so, non si può ognor disciorre.MICHEL-ANGE.
Tu dis m’aimer, tu dis m’aimer, et la tendresseBrille dans ton regard qui cherche mon regard.Non, je ne puis penser qu’un seul et vain hasardRéunit nos destins, ma force et ta faiblesse.
Tes frissons dans mes bras, ton trouble, ton ivresse,L’abandon de ton corps et tes larmes sans fard,Tes transports et tes pleurs, montrent assez la partQue tu prends à l’Amour qui m’enflamme et te presse.
Pourtant, je ne sais rien de toi, rien : ni ton cœur,Ni ton passé, peut-être infâme et sans pudeur,Ni tes pensers secrets dans nos ardentes fièvres,
Ni si ce tendre sein fut un jour profané…Et je me prends parfois à chercher sur tes lèvresLes traces du baiser que d’autres t’ont donné. .
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources