Les Lauriers de l’Olympe, 1907· L’amour
Stances
Chi è quel che per forza a te mi mena
Legato e stretto e son libero e sciolto.MICHEL-ANGE.
Sache-le ! Pour te plaire il n’est rien que ne tenteMa passion qu’émeut ton anxieux regard.Ton silence répond à mon âme en attente,Et de tes chers pensers je veux aussi ma part.
Qu’importe si la Vie orgueilleuse et faroucheCroit détourner nos cœurs d’aimer et de s’unir ?Pourra-t-elle empêcher l’air baisé par ta boucheDe passer sur ma bouche et de la rajeunir ?
L’automne épanouit les dernières corollesEt chemine sous l’arc du boulingrin doré.Ton silence amoureux, bien mieux que des paroles,Communique à mon cœur ardent l’émoi sacré.
Et j’écoute, penché vers cette belle roseDont ta lèvre a frôlé les moelleuses pâleurs,Ton souffle tiède et doux qui sur elle se poseComme un vent printanier qui fait s’ouvrir les fleurs.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Lauriers de l’Olympe, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1907· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources