Les Mirages, 1897· Chants de la nature
Gloire de l’arrière-automne
Au Docteur Jean Artaud.
Pax tollens tædia vitæ.
AMI, si tu savais les splendeurs automnalesQue l’arrière-saison étale aux flancs des monts,Comme un rouge tapis strié de dessins blondsCouvrant la terre au seuil des rigueurs hivernales ;
Si, dans les champs déserts, loin des foules banales,Tu pouvais voir germer le blé que nous semons,Et dans l’azur béni des cieux que nous aimonsLes couchants étaler leurs pourpres virginales :
Quittant, sans plus tarder, la ville et ses tracas,Vers notre humble logis tu porterais tes pas.Nous ferions, chaque jour, des courses merveilleuses,
Et le soir, nous aurions des entretiens charmésSous les lustres voilés d’étoffes précieuses,Parmi les bibelots et les livres aimés.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources