Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
VI. La maison d’or de Néron
LA maison d’or a vu de princières orgies :Une jeunesse ignoble y courtisa Néron.Tous, mettant leur orgueil à narguer l’Achéron,En débauches usaient leurs faibles énergies.
On chercherait en vain des traces d’effigiesSur les murs lézardés où court le liseronEt les vers du poète, artiste fanfaron,Dans les feuillets des plus vieilles anthologies.
La ruine fait face au palais des CésarsDont les éboulements abritent des lézardsRampant aux chapiteaux jonchés de saxifrages :
Ainsi le Temps triomphe, immuable et serein,Des maîtres de la terre, et leurs aveugles ragesSe brisent brusquement entre ses bras d’airain.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources