Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
V. Le Colysée
L’ÉNORME amphithéâtre évoque et garde encoreLe grandiose écho des clameurs d’autrefois,Alors que des milliers et des milliers de voixSortaient en ouragan de sa masse sonore.
Dans cette calme enceinte où croît l’agreste floreDes lichens tapissant la pierre et les parois,Devant le peuple auguste, héritier des vieux rois,Les fontaines de sang jaillissaient dès l’aurore ;
Tandis que le velum d’un fin tissu de TyrLaissait sur le lutteur, combattant ou martyr,Avec de frais parfums tomber une ombre douce.
Et j’écoute une foule exciter de ses cris.Les grands fauves hagards que la pourpre éclabousseSur les corps lacérés dont ils se sont nourris.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources