Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
VIII. La plaine du Lateran
Au pied du Lateran, mollement endormieSous les cyprès croissant le long des vieux remparts,La plaine, où les grillons chantent de toutes parts,Sourit, étincelante, à la lumière amie.
Dans l’herbe jeune et tendre un garçonnet émieDu froment blond happé par les moineaux bavards,Et les pins parasols, sur l’étendue épars,Bruissent aux baisers de l’air plein d’eurythmie.
Les antiques abords de la voie Appia,La tour monumentale où dort CeciliaSont inondés, là-bas, de clartés violettes,
Et l’on voit des lambeaux de grand ciel azuréOu quelques très lointains sommets de montagnettesA travers les arceaux d’un aqueduc doré.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources