Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
IX. Les thermes de Caracalla
AUX portes de la Ville, altièrement farouches,Les Thermes sous le ciel brillent, sombres et lourds,Vestiges dédaignés qui parlent de grands joursEt couverts maintenant de lierre en larges couches ;
Dans cette triste enceinte où s’agrippent leurs souches,Au milieu du décor grave des alentours,Jadis des courtisans et favoris de coursOffraient leurs torses nus au jet vibrant des douches.
C’est là que, combattant l’ennui de la Grandeur,César Caracalla, dépouillant sa splendeur,Se plongea maintes fois dans les eaux parfumées,
Comme pour effacer de son corps aviliL’affreux stigmate des passions innomméesOù son être divin gisait enseveli.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources