Les Mirages, 1897· Chants de la nature
Les lys
A monsieur René Bazin.
O Lys auréolés de grâce et de clartés,A l’aube vous ouvrez vos neigeuses corollesEt mettez des blancheurs de vierges banderolesParmi les fins gazons et les buis argentés.
Lorsque Midi, dardant l’orgueil de ses fiertés,Rend les humains lassés sans force et sans paroles,Vous chantez au zénith ardent des barcarollesDe frais parfums malgré les torrides étés.
A l’heure où le couchant, dans l’or des crépuscules,Prend l’aspect d’un jardin jonché de renonculesEt sur les monts lilas laisse tomber ses fleurs,
Vous prodiguez encor de magiques dictames,Et la nuit, quand tout dort, vos vigilantes âmesEmbaument le silence et la rosée en pleurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources