Les Mirages, 1897· Rome et venise· Impressions de Venise
Saint-marc
A Henri de Régnier.
DANS le marbre veiné de rubis et de praseReluisent à jamais les mosaïques d’orOù des saints éperdus tournent vers le ThaborLeurs yeux naïfs noyés d’une sublime extase.
Des artistes experts ont, du faîte à la baseDe l’auguste édifice, en un pompeux décor,Sculpté ― telle une châsse enfermant un trésorDes fleurs aux chapiteaux dont la courbe s’évase.
L’œil s’attarde aux détails du poème de pierreOu suit sur les parois de la façade altièreDes scènes qu’on dirait extraites d’un missel,
Cependant qu’au-dessus des nefs majestueusesLes coupoles et leurs arcades somptueusesAinsi que des oiseaux s’élèvent vers le ciel.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources