Les Mirages, 1897· Rome et venise· Souvenirs de Rome
IV. Saint-paul-trois-fontaines
Au milieu d’un bouquet d’eucalyptus suaves,Près d’une source claire est bâti le couvent,Entouré de silence et bercé par le ventQui passe, harmonieux, entre les rameaux graves.
Des chèvres, alentour, tranquilles, sans entraves,Broutent le serpolet, ou bien, de leur auvent,Suivent des yeux le vol d’un maigre engouleventQui trace un orbe immense au-dessus des agaves.
Parfois un son de cloche, argentin et fêlé,Interrompt brusquement le songe désoléDe ce site sévère où vient mourir la vie.
Et l’on entend alors dans l’oratoire étroitS’élever des soupirs de lente psalmodieQui résonne, grandit, se prolonge et décroît.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Mirages, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1897· numérisation books.google.com· Sources