Mélodies poétiques, 1890· Heures douces
Juliette
Je passe en volant à travers ton âme,O mon bien-aimé qui pris tout mon cœur,Pareille à l’oiseau qui vole, vainqueur,Dans l’immensité du désert de flamme.Je passe en volant à travers ton âme.
Jamais avant moi tu n’avais aimé ;Tu daignas pourtant sourire à ma vueEt, sans témoigner de déconvenue,Géant ! tu daignas paraître charmé :Jamais avant moi tu n’avais aimé.
O réalité que je n’ose croire !Penser qu’une pauvre âme comme moiA rempli ton cœur d’un très doux émoi,Dans la noble route où te suit la gloire.O réalité que je n’ose croire !
Mon bonheur triomphe et je peux mourir,L’amour partagé survit à la tombe.Si le Trépas vient et si je succombe,Je demeurerai dans ton souvenir :Mon bonheur triomphe et je peux mourir.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources