Mélodies poétiques, 1890· Heures douces
Roméo
Penchant sur moi ton pur visage au fin profil,Telle qu’un Séraphin, Chère, tu me regardes :Ta présence combat et chasse le péril.Mignonne, oh ! reste ainsi, je veux que tu me gardes.
Telle qu’un Séraphin, Chère, tu me regardesEt tes deux bras me font une exquise prison,Mignonne, oh ! reste ainsi, je veux que tu me gardesComme un enfant malade au chaud dans la maison.
Et tes deux bras me font une exquise prison.C’est dans ce gai logis que repose mon âme,Comme un enfant malade au chaud dans la maison,Lorsque le vent glacé jette sa triste gamme.
C’est dans ce gai logis que repose mon âme,On y trouve un remède au cœur endolori ;Lorsque le vent glacé jette sa triste gamme,Les oiselets frileux se cachent dans leur nid.
On y puise un remède au cœur endolori,Dans tes regards charmants, pleins de chastes caresses,Les oiselets frileux se cachent dans leur nid,Quand l’orage s’élève en semant les détresses.
Dans tes regards charmants, pleins de chastes caresses,Je retrouve soudain la joie et la gaieté.Quand l’orage s’élève en semant les détresses,Notre amour reste fort dans sa sincérité.
Je retrouve soudain la joie et la gaietéSous tes baisers plus doux que le miel de l’Hymette ;Notre amour reste fort dans sa sincérité,Tandis qu’autour de nous tout vieillit et végète.
Sous tes baisers plus doux que le miel de l’Hymette,Mignonne ! la jeunesse entonne un chant viril,Tandis qu’autour de nous tout vieillit et végète,Penche sur moi ton pur visage au fin profil.
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mélodies poétiques, Lyon, HENRI GEORG, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1890· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources