Rythmes et Nombres, 1895· Heures Latines
Devant le portrait de la joconde
Si plaisante est l’expression, que l’œuvre
semble plus divine qu’humaine. La vie n’a
pas d’autre apparence.VASARI.
SI charmeurs sont tes yeux, si frais est ton sourire,O Lisa, que l’on rêve en passant devant toiDe printemps florentins où les fleurs en émoiÉgrènent au soleil leur parfum comme un rire.
Est-ce l’amour vainqueur et divin qu’on peut lire`Sur ton visage pur, et son sceptre de roiEn effleurant ton front a-t-il capté ta foi ?Est-ce la douce paix que ton regard respire ?
Qui dira les pensers où ton cœur se berçaitAlors que, jeune et beau, le Vinci s’efforçait,Pour mieux fixer tes traits, de pénétrer ton âme ?
Et qui dira s’il fut à tout jamais ferméA l’Artiste, ton cœur énigmatique, ô femme,Ou s’il était tout plein du peintre bien-aimé ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rythmes et Nombres, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1895· numérisation books.google.com· Sources