Rythmes et Nombres, 1895· Heures Latines
Rinascimento
PAYS mystérieux, noble et tranquille Ombrie !Auprès des monts latins qui lèvent vers les cieuxLeurs pics céruléens dans l’air silencieux,S’étend ta belle plaine où va ma rêverie.
En foulant tes sentiers pleins de sauge fleurieQue vient baiser l’abeille au vol capricieux,L’homme, triste, pensif et le front soucieux,Sent la paix inonder son âme endolorie.
Tu fus chère aux Penseurs et Raphaël, jadis,Enivré d’Idéal et de Sublime épris,Au fond de ses tableaux peignit tes lointains calmes.
Mais je t’aime surtout pour avoir abritéParfois en tes vallons, aux mornes jours d’été,Le grand pape Æneas sous l’épaisseur des palmes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rythmes et Nombres, Lyon, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1895· numérisation books.google.com· Sources